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John Verfaillie

John Verfaillie

Chaque champion a été un jour un concurrent qui a refusé d'abandonner

Publié le par johnverfaillie.over-blog.com
Publié dans : #Jogging, #Marathon Paris 2017

Après quelques jours de repos il est bon de faire le point sur cette expérience maintenant que l'euphorie est passé et surtout que ça donne envie à d'autres qui n'osent pas y participer de prendre la décision de transformer un désir en réalité.

Tout commence par un premier pas,tout commence par se lever de son fauteuil et de partir pour 20 minutes d'entrainement puis 30,40,50,etc...puis on cherche un plan d'entrainement selon ses capacités et là il faut faire preuve d'humilité,vraiment savoir de quoi on est capable au présent et non ce qu'on était capable de faire il y a 5,10,20 ans

Pendant les entrainements il faut penser à soit,ne pas penser au regard des autres qu'on va croiser,oui je cours doucement,oui je marche deux minutes mais MOI je prépare un marathon et non le "jogging des citrons",MOI je prépare un effort de 5 à 6h et non un effort de 30 minutes alors je gère car la semaine suivante ça sera encore un peu plus long

Donc ma préparation "marathon" à commencé le jour où je me suis inscrit,un an avant le jour J.Les premiers mois c'était rien de précis mais juste m'habituer à courir ou marcher ou les deux selon mon humeur,mes envies,ma santé,la météo,etc...Juste retrouver les sensations et tester plusieurs méthodes,plusieurs allures comme courir selon ma fréquence cardiaque,courir sur allure bien défini,courir en fractionné,etc...

Et puis on voit trop grand,on se rend compte que les mois passent et on se sent pas capable d'y arriver au bout,tout ça parce-qu'on va trop sur les forums de course à pieds où il y a des bonnes choses à lire mais beaucoup trop de mauvaises surtout dans les commentaires où la plupart des gens sont des coureurs frustrés,jaloux des performances des autres et qui passent leurs temps à critiquer toutes les méthodes d'entrainement car c'est leur méthode la mieux et n'hésite jamais à dire moi j'ai fais 3h30 donc je suis fort que toi qui a fait 3h35,c'est la course à celui qui a le plus gros melon,alors quand tu poses une question avec un objectif de 6h on n'hésite pas à se moquer de toi et dire que t'as rien à faire sur un forum pour marathonien,etc... quel bande d'abruti...Du coup je suis reparti à écouter des gens néfastes comme il y a 20 ans,des gens qui feront tout pour que je ne sois pas au départ d'un marathon,comme si c'était réservé à une secte,à une élite et je me décourage 4 mois avant le jour J,je laisse tout tomber et je vais me concentrer moi aussi sur le "jogging des citrons"

Les jours passent,je me sens bien car je n'ai plus cette pression mais très vite un manque se fait sentir et j'ai le sentiment d'avoir abandonné un truc qui me tiens à coeur à cause de personnes que je ne connais même pas,je suis vraiment trop con.Puis mon collègue Fabian trouve les bons mots pour me remettre en selle et du coup je change complètement de plan d'entrainement,je fais un mixe de ce que j'ai trouvé avec ce que je suis capable,selon mes horaires au boulot et mes temps libres

Mon plan ça sera deux à trois sorties par semaines,une courte le mercredi matin (mon jour de repos au boulot car je bosse le samedi) et une longue le dimanche matin et de temps en temps une sortie supplémentaire le vendredi soir.Mon plan sera basé sur la durée et non la vitesse donc je met dedans des portions de marches qui me serviront à récuperer niveau cardiaque,et à détendre mes muscles mais ça servira surtout à allonger mes sorties.Ca me sert à rien de savoir faire un 10km en une heure si c'est pour être incapable de continuer ensuite,je préfère faire un 10km en une heure et 15 minutes et me sentir capable de refaire immédiatement la même chose ,mon but c'est 42 kilomètres en 6 heures et ça ne changera plus.

C'est pas facile de se lever tous les mercredi et dimanche à 5h pour aller courir une à trois heures pendant que le ville dort,pendant qu'il fait encore nuit,pendant qu'il pleut des fois mais c'est un passage obligé et après on comprend mieux la phrase d'Emile Zatopek qui dit : "Si tu veux courir,cours un kilomètre.,Si tu veux changer ta vie cours un marathon" car c'est pas le marathon qui change votre vie mais la préparation physique et mental.

Trois semaines avant le jour J je fais ma sortie la plus longue,ça se limitera à 29 kilomètres et je termine cette sortie avec le sentiment que j'étais capable d'encore être une bonne heure en action donc c'est motivant.Après j'ai encore fait une petite sortie avec Paola et puis arrive le truc que je redoutais,être malade.Je chope une sinusite à moins d'une semaine de mon marathon,moralement je prend un coup mais c'est surtout physiquement que je tombe de haut car je vais devoir faire 42 bornes le dimanche et du lundi je me sens pas capable d'en faire cinq.Du mercredi j'abandonne les antibiotiques car je suis encore pire que les jours avant et avec l'aide de mon pharmacien je retrouve une certaine forme à partir du samedi

Le samedi fut la journée la plus stressante avec le voyage en TGV puis le métro et bus jusque l'hôtel,puis métro jusqu'au salon du running,puis métro et bus pour le retour à l'hôtel avec un arrêt à l'arc de triomphe pour en principe aller souper avec Fabian mais on devait attendre sa belle soeur qui était à Condorde et remontait à pieds les Champs-Elysées,trop long à attendre pour moi car il était déjà 19h donc retour à l'hôtel à 21h tapante en ayant déjà souper.Ca me laissait du temps pour préparer mes affaires,me laver,me relaxer devant la TV et passer une excellente nuit.

J'avais mis mon réveil à 6h comme mon départ était fixé à 9h50 ça me laissait le temps de déjeuner et de rejoindre mon sas de départ sans stress mais à 5h j'étais déjà levé et j'ai pu admirer le levé du soleil sur la Tour Eiffel depuis mon balcon et j'ai surtout pu verser quelques larmes comme avant chaque grand rendez-vous,mélange de joie,de tristesse et de stress mais ça fait toujours du bien et quand ça m'arrive c'est que mentalement je suis un lion.Je passe un coup de téléphone à Fabian pour être certain qu'il est levé car son départ est plus tôt que le miens mais aussi pour lui souhaiter "bonne merde" et du coup on s'encourage mutuellement et ça fait du bien.

Magnifique petit-déjeuner où je mange un peu de tout,c'est pas le jour J que je vais tester des nouveautés donc ça sera du pain,jambon,,fromage,miel,nutella et du café (Oui je sais y avait meilleur à prendre et des trucs à éviter mais chacun à ses habitudes et ses envies) et puis c'est l'heure du départ de l'hôtel.Directement on a notre bus qui nous dépose au pont de Neuilly pour prendre le métro ligne 1 jusque l'Arc de Triomphe et dans ce métro on voit que des coureurs et ça sent la pommade hi hi

Avant de rejoindre mon sas de départ je dois aller déposer mon sac à la consigne juste après l'arrivée et ce n'est réservé qu'aux coureurs avec contrôle de sécurité renforcé et on se sent bien quand on voit le nombre de policiers et militaires qui entourent le site.Je rejoins mon sas de départ et puis je lis mes derniers sms qui me donneront de la pêche avant de donner mon gsm à Paola.Je suis derrière une grille mais en contact direct avec Paola et Laly et ça me fais du bien de ne pas être compressé au milieu de la foule à 30 minutes de mon départ.Je sens petit à petit l'émotion qui monte et je laisse couler de temps en temps une petite larme car ça y est ,j'y suis un an après mon inscription et je suis pas du tout confiant en mes capacités après cette semaine de maladie,je ne sais toujours pas comment je vais courir,quand je vais marcher un peu,combien de temps je vais marcher mais je sais une chose c'est que je vais franchir cette ligne d'arrivée car "l'abandon n'est pas une option" cette fois*ci et cette phrase est inscrite au dessus de mon ordinateur depuis janvier.Je porte deux montres,celle de droite pour mon temps total et celle de gauche pour mes intervalles que je vais modifier au fur et à mesure de mes sensations et j'ai le bracelet offert par Asics avec mes temps de passage tous les 5 kilomètres que je dois respecter si je veux finir en 5h58.

Le départ va bientôt être donné et on avance doucement vers l'arche de départ et je dois me décider à régler ma montre de gauche,ça sera 1min15sec de marche pour commencer tous les ??? on verra selon ma forme.Dernier signe vers mes deux petite femmes et c'est partie pour MON marathon et là c'est une émotion,une joie,un feu d'artifice,comme si on m'avait interdit de faire cela depuis des années et que d'un seul coup j'y étais,c'est à peu près cela en faite.Je démarre doucement dans ma tête mais ma montre ne ment pas,je vais plus vite que prévu mais pas trop donc je gère et je respecte mon plan de bataille jusqu'au premier ravitaillement à la place de la Bastille après 5 kilomètres où là je met de l'eau dans mes gourdes car je porte une ceinture avec deux gourdes et une poche pour mes gels énergétique que j'ai testé à l'entrainement.Comme il fera chaud et qu'il fait déjà très chaud alors je vais devoir boire beaucoup et avant d'avoir soif.Direction le bois de Vincennes et le dixième kilomètres et je suis toujours très bien,en meilleur forme que prévu mais je ne m'emballe pas car je sais que d'un seul coup tout peut changer car avec l'expérience que j'ai sur les randonnées de 50 à 100 kilomètres j'ai appris à être prudent mentalement.Ravitaillement devant le magnifique château de Vincennes et là je me dis pas que j'ai fais un quart de mon marathon,non non dans ma tête le prochain objectif c'est le 15ème kilomètres et ainsi de suite.Tout se passe toujours bien mais ma foulée est moins souple et je me dis dans ma tête qu'après le passage du semi alors je ferai une longue pause de marche de...3 minutes....

Passage au 15ème nickel,ravitaillement au 16ème et là je commence à avoir du mal et je cours moins longtemps jusqu'au 18ème kilomètres où d'un coup je suis pris de crampes mais aux deux jambes et en même temps,je m'arrête quelques secondes,je m'étire un peu puis je relance la machine mais je sens bien que ça va pas durer longtemps et moins d'une minute plus tard j'ai à nouveau des crampes et le pire dans cette histoire c'est que je ne suis pas le seul,il faut dire qu'à ce moment là il est déjà midi et la chaleur se fait pesante et presque pas d'ombre,je vais croiser beaucoup de coureurs qui seront allongé sur le côté et que je ne verrais plus.C'est aussi à ce moment là que le ballet des ambulances de la croix rouge va commencer ainsi que les motos et quads des médecins urgentistes,

Je passe difficilement le cap du semi et mes crampes sont de plus en plus proches mais ce n'est pas tout car je sens que ça brule entre les jambes et c'est horrible quand je cours alors que quand je marche je sens moins la douleur.Je suis encore sur les bases de 5h40 mais je suis lucide que ma moyenne va vite diminuer si je n'arrive pas à courir plus régulièrement mais c'est tout simplement impossible de tenir plus d'une minute alors je me met en mode "marche rapide" car si le plan A ne fonctionne pas alors il faut changer le plan mais pas le but et mon plan B c'est la marche rapide que je pratique régulièrement et ça me fait beaucoup moins mal et comme ça je sais toujours être à l'arrivée en moins de 6h.Je décide de marcher 30 minutes à du 7 km/h ce qui est rapide surtout après déjà presque trois heures d'effort et je remonte plein de marcheurs et même des coureurs jusqu'au 25 ème kilomètres où j'arrive de nouveau à courir mais quelques minutes car les crampes me font mal mais ce n'est rien comparé à mes brulures entre les jambes.

Après le mur du 30ème kilomètres je suis sur les bases d'une arrivée en moins de 6h mais ça va être chaud car quand je cours ensuite je marche trop doucement et je met quelques minutes pour avoir moins mal donc je décide de me remettre en mode "marche rapide"  jusqu'au 35ème kilomètres et ça se passe bien,je marche vite,je dépasse à nouveau du monde,mais la chaleur devient vraiment insupportable et le pire c'est que j'en ai marre de boire de l'eau,j'ai envie d'une autre boisson mais on nous donne que de l'eau (Pour info j'ai bu au total plus de 6 litres d'eau ....) donc je dois me forcer pas par soif mais par sécurité.

J'arrive enfin au 35ème kilomètres et à cette instant je sais que je vais franchir la ligne d'arrivée mais je sais aussi que ça sera pas en moins de 6h alors je décide d'y aller à mon aise jusque l'arrivée,tant pis pour le chrono...mais non pas tant pis,je me dois de tout donner pour que ce chrono soit au plus proche de la réalité,plus que 7 bornes pour un chrono qui restera mon premier chrono sur un marathon donc j'essaye de courir un peu mais ça tient même pas 20 secondes donc on finira ce marathon en marchant mais....je vais finir ! Mon allure n'est plus de 7 km/h mais entre 6 et 6,5 car je sens une ampoule à un pied et ça me brûle à l'autre donc je marche du mieux que je sais faire et petit à petit je me rend compte que je ne vais pas faire 42 kilomètres mais plus de 43 car j'ai du m'écarter trop souvent de la ligne bleu pour chercher de l'ombre comme la majorité des coureurs normaux du peloton du dernier sas .

J'arrive au quarantième et là j'ai mon émotion et je décide de profiter de mes deux derniers kilomètres,je me ballade toujours pas mais mon esprit est ailleurs,ça sera mon premier marathon et à cette instant je sais que ça ne sera pas le dernier car j'ai adoré même si je ne l'ai pas fait comme j'aurai voulu mais je l'ai fait avec mes moyens du jour,je me cherche pas d'excuses car j'ai tout donné.J'arrive sur l'avenue Foch et là j'assiste à une scène qui me fera rire car certains se mettent à sprinter pour gagner quelques secondes,d'autres qui marches encore plus longtemps que moi se mettent à courir,pourquoi ? fallait courir avant si t'en étais capable,moi je ne sais plus donc je fini en marchant mais fièrement car c'était ma seule option pour finir et j'arrête ma montre de droite qui affiche 06h13min00sec seulement 13 minutes au dessus de mes ambitions de départ si j'étais à 100% donc je suis hyper content et encore plus lorsque je verrais les brûlures plus les coups de soleils et mes ampoules.

Je reçois mon t-shirt "finisher" et ensuite la médaille tant rêvé puis je vais chercher mon sac à la consigne avant de rejoindre mes deux petites femmes hors de la zone sécurisé et je les vois au loin tout devant les autres accompagnateurs et je vois des larmes dans leurs yeux,ça restera le plus beau moment de mon marathon

Après le réconfort dans les bras de mes fans je décide de prendre un peu de bon temps sur le bord de la route avec comme paysage l'Arc de Triomphe et la ligne d'arrivée du "Marathon de Paris" y a pire comme moment.Comme notre TGV du retour est à 19h47 on a bien le temps d'aller boire un coup sur une terrasse pas loin de l'arrivée et on s'est fait plaisir même si le prix était moins plaisant mais on est à Paris devant l'Arc de Triomphe alors on fait moins la tronche quand il faut payer l'addition.

Je vous passe les détails du métro et du TGV car vous savez que ce ne fut pas une promenade de santé,chaque pas est pénible mais avec le sourire et j'ai apprécié de revoir mon frère et ma belle soeur à la sortie du métro St-Philibert pour nous ramener en voiture jusque notre maison,encore merci Damien et Ophélie pour avoir fait le taxi à l'aller et au retour.

Voilà j'en arrive à la fin de mon récit et si j'ai un conseil a donner à ceux qui veulent se lancer dans l'aventure "Marathon" c'est juste de le faire avec comme objectif de le finir si c'est le premier,de croire en vous et surtout d'être prêt mentalement à souffrir

Suis-je un marathonien ? Oui et non car j'ai trop de respect pour ceux qui arrivent à courir du début à la fin pour dire que je suis un marathonien,je préfère dire que j'ai fini un marathon et que j'étais loin d'être le dernier (y en presque mille derrière moi sans compter les abandons) mais un jour je serai vraiment un marathonien :-)

La suite ? Y a déjà deux marathons où je suis inscrits,un encore cette année (j'en parlerai quelques jours avant) et de retour à Paris en 2018 car j'ai vraiment apprécié l'organisation,le parcours et surtout l'ambiance

Si je dois faire un classement des épreuves qui m'ont procuré le plus de satisfaction et d'émotion hors Rummikub alors ça donnerai ceci :

1 - Marathon de Paris 2017

2 - Paris-Roubaix Cyclo 2012 (120 kilomètres)

3 - Quatre jours de l'Yser 2010 (4 fois 32 km)

Bien-sûr que j'ai du monde à remercier à commencer par mes proches et c'est déjà fait donc pour faire simple je vais juste parler de ceux qui ont été d'une aide marathonienne dans la réalisation de mon défi

Merci à Fabian Haezebrouck  de m'avoir incité à faire ce marathon et d'avoir su trouvé les bons mots lorsque j'avais décidé de tout abandonner et bravo pour ta performance

Merci à Christophe Titeca pour les conseils au début de ma préparation et pour toutes ses phrases lors de mes publications et en privé,tu m'as rassuré et merci pour ta confiance en mes capacités

Merci à Benoit Cambier pour ses partages en privé et ce encore le matin même de mon départ pour Paris,c'est très gratifiant et motivant

Merci à Régis Debey pour les cours de squash où tu m'as poussé à me battre sur chaque balle et à ne jamais laisser tomber les bras,cela me fut utile mentalement

Merci à tous ceux de prêt ou de loin qui ont contribué à la réalisation de ce beau défi

Presque 20 ans de frustration effacé en six heures et treize minutes alors si vous avez un rêve sachez que le désir ne change rien mais une décision change tout !

Vivement le prochain !

Marathon de Paris 2017

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Régio 14/04/2017 10:46

Félicitations pour cette performance mais surtout pour le fait que tu as fait ce qu'il fallait pour arriver au bout, sans tenir compte des 'petits coqs' qui auraient pu te saper le moral.

Une bien belle expérience qui te pousse à aller encore plus loin, ce qui est bien la preuve que tu as eu raison de ta battre pour y arriver.
gros bisous Président et encore bravo

John 14/04/2017 11:52

Merci mon coach :-)